Sapa : les femmes des rizières

Les "marcheuses" de Sapa au milieu des rizières - Viêt Nam, février 2013

Les « marcheuses » de Sapa au milieu des rizières – Viêt Nam, février 2013

Un dicton asiatique sur le riz dit que les Thaïlandais le vendent, les Cambodgiens le regardent pousser et les Vietnamiens le cultivent. Un dicton qui se vérifie très facilement lorsque l’on traverse le pays de « l’oncle Ho ». Tout le territoire est recouvert des fameuses rizières en terrasse qui donnent l’impression au voyageur en train de traverser un océan vert clair en bateau.

Mais le véritable grenier à riz du Viêt Nam se situe dans le nord, dans la région de Sapa. Une vallée verdoyante où l’on croise des buffles, des coqs, des cochons, des chapeaux coniques à chaque étage des rizières et surtout des femmes qui marchent. Elles sont le véritable visage de la région. Bariolé, souriant, mais les traits tirés par les heures de marche dans la montagne. Chacune porte les couleurs de son ethnie. 54 au total au Viêt Nam. Les plus célèbres étant les Hmong, « les montagnards », comme ils s’appellent eux-mêmes, ce peuple venu du sud de la Chine. Nous avons voulu les rencontrer lors d’un trek pour tenter de pénétrer le coeur rural et culturel du pays.

Grâce à l’association O’Chau que je recommande à tout voyageur souhaitant se rendre à Sapa, nous avons réalisé une randonnée pédestre de deux jours et une nuit et nous avons été hébergé chez l’habitant. Plus précisément chez Mai, dans le village de Lao Cai à quelques kilomètres seulement de la frontière chinoise. Une femme douce et souriante qui vit avec ses quatre enfants et qui nous a ouvert sa maison avec beaucoup de générosité.

Notre hôte Mai (gauche) et notre guide Su (droite)

Notre hôte Mai (gauche) et notre guide Su (droite)

« Mo-Ha-Ba-YO! »
C’est incontestablement chez Mai que nous avons goûté à la meilleure cuisine de tout le pays. « Il faut tout manger sinon demain il ne fera pas beau ». On s’exécute. Les baguettes passent du poulet, au porc, au tofu, aux légumes, aux french fries dédiées aux invités et surtout aux meilleurs nems que j’ai jamais mangé. Le secret? Une pointe de coriandre. Délicieux. Et pour finir, comme tout hôte qui se respecte, Mai nous a arrosé toute la soirée à l’alcool de riz. 15 shots chacun en chantant à chaque fois le « santé » vietnamien « Mo-ha-ba-YO! » « Il faut finir la bouteille sinon demain il ne fera pas beau ». La crainte du mauvais temps fait vraiment des merveilles ici.

IMG_6881Les « followeuses »
C’est ainsi que l’on pourrait surnommer les nombreuses femmes qui traversent en petits groupes de deux ou trois, sac en osier sur le dos, ces rizières du matin au soir à la recherche de touristes à suivre.  En échange de leur aide pour franchir les passages compliqués recouverts de boue où nombre de voyageurs se ramassent, elles espèrent vous vendre quelques objets d’artisanats à votre arrivée. C’est le seul moyen pour ces femmes de gagner un peu d’argent. C’est d’ailleurs comme ça qu’a commencé notre guide Su. « Je vendais les pochettes en tissu que fabrique ma mère au marché de Sapa ». Mais à la différence des autres femmes, Su a appris l’anglais au contact des touristes et a pu devenir guide. Elle gagne un peu plus et projette d’aménager sa maison en « Homestay » (auberge) comme sa cousine Mai.

Des hommes invisibles
Les hommes quant à eux sont presque invisibles dans la région. Ils travaillent toute la journée dans les champs ou transportent à mains nues des troncs d’arbres, au risque de tomber bien souvent, pour les vendre. Invisibles également car ici on se marie très, voire certainement trop tôt. Comme dans beaucoup de régions pauvres du monde, le mariage d’une fille rapporte de l’argent et permet parfois de sortir une famille de la pauvreté. On n’hésite donc pas à marier les filles dès l’âge de 12-13 ans. Et pour une femme courageuse et travailleuse comme Su, un mari n’a pas grand intérêt à part qu’il conduit. Mai, elle, a perdu son mari et vit seule depuis avec ses enfants et son vieux père qui lui donne un coup de main. « Je ne veux pas de petits copains », dit-elle résignée et triste. L’amour et les rires semblent brefs dans ces rizières. La vie est dure mais personne ne se plaint. Ici on marche et on ne s’arrête pas.

Un commentaire pour Sapa : les femmes des rizières

  1. Espero noticias de Filipinas!!!
    besos,
    Angélique.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s